Aller au contenu principal
Fermer

"C'est arrivé si vite": en Angleterre, la panique d'étudiants face à une épidémie de méningite
information fournie par AFP 18/03/2026 à 19:52

Devant la discothèque Club Chemistry de Canterbury, en Angleterre, le 18 mars 2026 ( AFP / CARLOS JASSO )

Devant la discothèque Club Chemistry de Canterbury, en Angleterre, le 18 mars 2026 ( AFP / CARLOS JASSO )

Une importante opération de vaccination a débuté mercredi sur le campus de l'université du Kent en Angleterre, pour tenter d'enrayer une épidémie de méningite, "sans précédent" selon les autorités, qui a fait deux morts.

Le nombre total de cas signalés aux autorités sanitaires, tous de jeunes adultes, est passé de 15 à 20, d'après un bilan établi mercredi.

Selon le ministre de la Santé Wes Streeting, la majorité des cas sont liés à une discothèque de Canterbury (sud-est de l'Angleterre), le Club Chemistry, fréquentée par des étudiants de l'université du Kent.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a exhorté mercredi les personnes ayant fréquenté cette boîte de nuit les 5, 6 et 7 mars à se signaler pour recevoir des antibiotiques. Environ 2.000 personnes se sont rendues dans l'établissement lors de ces trois soirées.

Des étudiants masqués sont venus chercher ces médicaments à l'université quasiment désertée, a constaté une journaliste de l'AFP. Parmi eux, Jack Jordan, 19 ans: "C'est assez inquiétant. Tout s'est passé si vite", dit-il à l'AFP, en faisant la queue devant un bâtiment de la faculté transformé en clinique.

Glenn Reeve, 27 ans, qui était au Club Chemistry le week-end où l'épidémie a démarré, explique avoir "un peu paniqué" en découvrant les informations.

Des étudiants font la queue pour se faire vacciner sur le campus de l'université du Kent à Canterbury, en Angleterre, le 18 mars 2026 ( AFP / CARLOS JASSO )

Des étudiants font la queue pour se faire vacciner sur le campus de l'université du Kent à Canterbury, en Angleterre, le 18 mars 2026 ( AFP / CARLOS JASSO )

Les étudiants résidant sur le campus peuvent également depuis mercredi après-midi se faire vacciner, et ils étaient nombreux à patienter devant le centre sportif de l'établissement où la vaccination se déroule.

Irène, 21 ans, affirme être venue "immédiatement" après avoir reçu la notification. Même vaccinée, elle assure qu'elle va "rester à l'isolement, mais beaucoup plus détendue".

"Jusqu'à 5.000 étudiants" se verront proposer la vaccination, a indiqué l'agence sanitaire, l'UKHSA, dans un communiqué.

- Une personne hospitalisée en France -

Devant les députés, Keir Starmer a présenté ses condoléances aux proches des deux jeunes décédés, une élève de terminale de 18 ans, prénommée Juliette, et un étudiant de 21 ans à l'université du Kent.

"D'autres sont gravement malades", a-t-il souligné.

Le ministre de la Santé a fait part de sa préoccupation. "Ce qui nous inquiète (...), c'est la rapidité et l'ampleur de la propagation de la maladie – c'est sans précédent", a-t-il dit sur la BBC.

"La situation évolue rapidement et d'autres cas pourraient être recensés", a prévenu l'UKHSA.

Selon le dernier bilan de l'UKHSA, neuf cas sont confirmés par des analyses de laboratoire et onze signalements font toujours l'objet d'une enquête, portant le total à 20.

Il s'agit pour six d'entre eux, dont les cas mortels, d'infections à méningocoques "appartenant au groupe B", rares mais très graves.

La Canterbury Christ Church University, autre établissement de la ville, a indiqué mercredi qu'un cas a été confirmé chez un de ses étudiants. Contactée, l'UKHSA n'a pas souhaité préciser s'il faisait partie des 20 déjà recensés.

La crainte d'une propagation de l'épidémie grandit et l'agence a alerté mercredi les professionnels de santé en Angleterre, afin qu'ils aient un "haut degré de suspicion lorsqu'un jeune de 16 à 30 ans consulte pour des symptômes" pouvant correspondre à la méningite.

Une des personnes infectées s'est rendue dans un hôpital londonien, mais elle n'a pas "eu de contacts avec la population locale à Londres", a-t-elle également assuré.

Le ministère de la Santé français a confirmé qu'une personne, ayant fréquenté l'université du Kent, est hospitalisée dans un état stable en France.

Plus rares que les méningites virales, les méningites bactériennes tuent de manière foudroyante quand elles ne sont pas soignées et, même si elles le sont, entraînent une mortalité élevée et un gros risque de séquelles.

Les antibiotiques sont le traitement "le plus efficace pour limiter la propagation" de l'épidémie, a souligné l'UKHSA.

L'épidémie suscite l'inquiétude de Britanniques. La chaîne de pharmacies Boots a mis en place un système de file d'attente sur son site internet face à la "très forte demande" pour le vaccin.

Le ministre de la Santé a indiqué qu'il y avait au moins 350 cas de méningite au Royaume-Uni chaque année.

Mais "de toute ma carrière, il s'agit de loin de l'épidémie de méningite qui s'est propagée le plus rapidement", a déclaré le médecin-chef adjoint de l'Angleterre, le Dr Thomas Waite.

Des chercheurs en laboratoire s'efforcent de déterminer si cette propagation est due à une éventuelle souche mutante du méningocoque B, selon l'agence britannique PA.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires